Arrêter Farmville, mode d’emploi

Publié le par Skopkall

Farmville hérosCa y est, c’est joué : après un an et demi de jeu quasi-quotidien, adieu veaux, vaches, cochons, pingouins, rennes, chats, faisan, chèvres, dindes, paon, moutons, canards, oies, cygnes et bébé éléphant (mon acquisition la plus récente), adieu parfumerie, serre, château de Cupidon et atelier du Père Noël, adieu pouponnière et pépinières, adieu Granny Strangler, adieu Killer Zombie, mes fidèles compagnons canins : le Sherlock Holmes redneck level 93 tire sa révérence ! Sauf que, lorsque l’on s’est autant investi dans le labour virtuel, quand on a accueilli sur son profil Facebook des dizaines de nouveaux amis dans le seul but de partager cette expérience d’application sociale, on ne peut pas partir comme ça, laisser pourrir ses derniers plants et déserter sa ferme sans autre formalité. Certains le font, pas moi. Il faut marquer le coup.

 

Granny StranglerAu fait, pourquoi partir ? J’ai déjà eu l’occasion de parler de Farmville sur ce blog, de son investissement humanitaire en faveur d’Haïti, de son design séduisant, de son ambiance, de ses animaux de plus en plus farfelus et de ses évènements rigolos, bref de tous ces éléments qui ont séduit durablement, à la surprise de certains de mes amis et confrères, le gamer expérimenté que je suis, à l’occasion de ce qui ne devait être au départ que le sujet d’un petit reportage qui m’était confié pour Game Geek.

 

Killer ZombieJ’ai également évoqué à plusieurs reprises ses défauts : le prix toujours plus élevé des objets en série limitée, la pratique contestable de truquer les infos fournies aux joueurs, les exclusivités pour iPhone assez injustes (comme si Apple avait besoin d’une pub de ce genre…), une tendance à nous faire publier un nombre toujours croissant de publications parfois à notre insu, et une incitation permanente à recruter toujours plus de voisins, quitte à inviter de manière assez pressante les amis qui n’ont pas encore succombé à la tentation du plant de gingembre qui pousse en 18 heures chrono. Techniquement, c’est une exigence de ce type qui a précipité ma décision : la tant attendue extension à 28x28 parcelles, en plus de coûter quatre millions de pièces, nécessite 61 voisins, soit dix amis à démarcher, ou dix inconnus à ajouter à mon profil Facebook. Accessoirement, le fait de devoir passer jusqu’à trois heures par jour sur ma ferme a également joué dans ma décision. J’ai tout de même d’autres jeux à explorer !

 

chateau de cupidonAutre souci de taille : les bugs. Si la plupart des jeux du genre (MMO inclus) peuvent se vanter d’être en évolution permanente, on dira de Farmville qu’il est plutôt en développement permanent, perpétuellement au stade de la beta, et compte tenu du nombre invraisemblable de bugs en renouvellement constant dont il souffre, on finit par se demander si ce n’est pas la structure du programme qui n’est pas pourrie à la racine, voire si la variété des navigateurs Internet ne nuit pas définitivement à la stabilité d’un titre que l’on imagine complexe à gérer. Pour ma part, impossible depuis déjà plusieurs semaines de solliciter l’aide de mes voisins pour les constructions ou la croissance des poussins (on ne rit pas…), et pourtant je suis chanceux : certains joueurs voient leurs achats non honorés, d’autres des éléments disparaître purement et simplement du jeu ou de leurs stocks. Ce n’est pas faire preuve de rigidité psychologique que de considérer qu’une application à laquelle on a versé tout de même quelques dizaines de dollars doit être stable, si ?

 

Donc, tout ça, c’est fini, et pour terminer en beauté, rien de tel, pour un jeu qui est voué à ne jamais connaître de fin, que d’inventer mon propre écran de Game Over, mon dernier Farm Art :

 

Farmville2

 

Ma compagne, qui a pris peu avant moi la décision d’arrêter, a su prouver son sens artistique aigu, ce qui n’est pas nouveau :

 

farmville

 

Il restera de ces dix-huit mois campagnards le souvenir d’un graphisme immédiatement reconnaissable, de la course échevelée à la citrouille blanche et au lilas pour fabriquer la « harvest candle » pour Halloween, de l’excitation à l’annonce de l’arrivée du système de boisseaux ou de la porcherie, sans oublier, bien sûr, mes tout débuts et les premières semences de fraises ou de soja à faire pousser sur un terrain de quelques parcelles de côté. Farmville passait alors pour un véritable hommage au monde paysan américain ; c’était avant qu’il ne devienne cet empilement d’activités assez indigeste et toujours plus buggé, qui souffre de devoir conserver à toute force ses joueurs avec du contenu inédit, tout en séduisant constamment de nouveaux adeptes. Une équation quasiment impossible pour un jeu de ce format.

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Publié dans Jeux vidéo

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