[test] Pilotwings Resort, sur 3DS
Pilotwings Resort est sans doute avec Super Street Fighter IV 3D Edition le jeu le plus marquant du line-up 3DS. Un jeu planant, dans tous les sens du terme, à la réalisation solide, parfaitement maniable et suffisamment varié dans ses environnements et ses sensations pour tenir le joueur en haleine devant ses deux écrans, il offre également un challenge bien corsé qui ne déplaira pas aux joueurs acharnés. Pilotwings Resort remplit parfaitement sa fonction de jeu atypique pour gamer curieux. Il y a peu de chances qu’il soit déçu.
Aaaah, voler, voler, ne sentir que le frottement de l’air sur le tissu improbable du pantalon très moche de son Mii, n’entendre que le battement de pale d’un biplan déchiquetant un cormoran malchanceux, polluer les grottes d’une île paradisiaque en jet-pack (non, pardon, en « ceinture-fusée » !) histoire d’emmerder les chiroptères… oui, Pilotwings, ce n’est que ça, voler, voler. Voler... le client ? Ca, c’est ce que nous allons voir.
Ce Pilotwings Resort est donc le troisième épisode d’une série inaugurée sur Super Famicom il y a pile vingt ans. Incorporé dans le line-up de la 3DS (comme ce fut le cas pour la version N64 en 1997), il a la lourde tâche de se faire l’ambassadeur de l’effet 3D de la console. Soyons clair : si elle n’apporte rien à un jeu de grands espaces comme Pilotwings, il y a de fortes chances qu’elle n’apporte rien aux autres titres non plus. Sur le sujet, mettons les choses au clair tout de suite : Pilotwings Resort n’est pas le même jeu avec ou sans cet effet. Celui-ci rend la voltige plus prenante, la sensation de liberté plus palpable, l’appréciation des distances plus aisée et plus « réelle ». La 3D amplifie un décor unique, l’archipel Wuhu, qui offre une belle palette d’environnements servis par une gamme de textures plutôt fines et une superbe profondeur d’affichage, même si on imagine globalement la console capable de bien mieux. La musique, en revanche, est parfaitement transparente ; elle évoque des mélodies et des instruments mille fois entendus dans les jeux casual sur Wii.
Pilotwings Resort nous permet certes d'atteindre le septième ciel à l'aide d'un manche à balai, mais ce plaisir demeure désespérément solitaire : pas de duel et encore moins de jeu en ligne, il faudra s’y faire. Ses deux modes de jeu devraient toutefois consoler le joueur en quête d'un challenge rien qu'à lui.
Le mode mission est composé d’épreuves diverses : celles portant sur l’aviation nous demandent de passer par des points d’étapes ou à travers des cercles, ainsi que d'exécuter diverses figures (tonneaux, tête en bas ou virages). Les missions jet… pardon « ceinture-fusée » portent sur le vol de précision, dans des défilés, des tunnels ou les rues d’une ville. On y pousse des ballons vers des cibles et on troque parfois son j... euh... ceint... oh et puis zut... jet-pack contre une panoplie d’homme-écureuil, pour une descente en piqué qui décoiffe. Enfin, le deltaplane est sans doute la plus technique des disciplines : la bonne approche des colonnes d’air chaud, qui permettent de prendre vitesse et altitude, est un élément clé de la réussite de missions où certaines cibles ne rapportent des points que si on les franchit au-dessus de la vitesse qu'elles affichent. Certaines missions nécessitent de prendre des photos des sites de l’archipel. Le cadrage et la taille de l’objet sont là aussi notés et il est possible de sauvegarder ses oeuvres sur carte SD (et accessoirement d'illustrer un test avec...).
Quel que soit l’appareil utilisé, le chronomètre est une donnée primordiale ; quant à l’atterrissage, on y juge à la fois la légèreté de l'impact et la précision. Vient ensuite le rapport des points : chaque aspect de la mission est noté en toute trasparence. Un système dont Mario Kart, par exemple, devrait s'inspirer. Selon le score, le joueur obtient des étoiles, sachant qu’un perfect vaut pour quatre étoiles. On monte de division lorsqu’on obtient en moyenne trois étoiles par épreuve. Autant dire qu’il faut maîtriser plus que correctement une étape avant de prétendre affronter la suivante. Les perfects, eux, ne s’obtiennent qu’au prix d’une maîtrise parfaite (justement) de notre engin. C’est l’élément « hardcore gamer » du jeu, le truc qui peut captiver le perfectionniste de base pendant quelques dizaines d’heures.
Le mode Vol libre nous envoie en exploration dans l’archipel Wuhu. Le but est d’une part d’en découvrir tous les sites (du cratère du volcan à la piscine de l’hôtel et passant par la rivière sous-terraine), de passer des portails en effectuant la figure demandée, mais aussi de trouver des objets cachés, différents selon l’appareil utilisé. Plus on a découvert d’éléments, plus on débloque de temps pour en découvrir de nouveaux, ainsi que des dioramas où l’on admire sous toutes les coutures quelques éléments 3D du jeu.
Tout ceci se dirige sans aucun souci, le stick analogique se manie intuitivement et l’on se surprend après quelques secondes à jouer de l’inertie du jet-pack, à faire piquer son deltaplane et à tenter un looping avec son biplan. Explorer l’archipel Wuhu est un véritable cocktail de sensations aériennes, une belle réussite ludique qui virevolte au-dessus du line-up 3DS.

