Farmville : le maïs blanc au secours d'Haïti.

Publié le par Eric Primault

Farm Art TetrisCertains métiers sont dangereux, vous n’avez pas idée. Prenez journaliste par exemple ; je ne parle pas des hommes de terrain, courageux, ingénieux, obstinés, qui risque l’enlèvement, parfois leur vie pour informer leur lecteurs, mais de bien de mes semblables, dont la mission est de poser leurs yeux sur un écran et de donner leur avis sur ce qui s'y passe. C’est ce à quoi je m’attelle pour le compte du magazine Game Geek. Par exemple, dans le numéro 11 de ce magazine, normalement toujours disponible en kiosque, j’ai traité de la face ludique de Facebook, et en particulier de Farmville. Pour ceux qui ne connaissent pas Farmville – si jamais le nom du jeu n'était pas assez clair – sachez que l'on y incarne un fermier : on plante, on récolte, on ramasse des oeufs, du duvet, des fruits et on trait même des vaches extraterrestres à l’occasion. Et je me suis pris de passion pour Farmville. Pas pour sa musique horripilante, mais pour son design agréable, son ambiance, et même ses bruitages à dose homéopathique. Ce jeu m'apaise ; les objets en série limitée m’amusent. Pire : je me suis essayé au Farm Art, à savoir la conception de mosaïques utilisant les couleurs des parcelles et objets du jeu ; je suis une bille, mais ça me détend.

 

zynga farmville haiti earthquake fund 02Il se trouve que j’évoque dans ce fameux dossier du Game Geek n°11 une campagne de récolte de fonds menée par Zynga Games, l'éditeur californien de Farmville, en octobre dernier. Le jeu est en grande partie gratuit, les récoltes rapportent des pièces qui servent à acquérir de nouvelles semences, des bâtiments ou des objets décoratifs, mais certains articles plus rares se paient en Farm Ville Cash, des billets verts que l’on échange contre de l'argent bien réel. Les fermiers virtuels pouvaient donc obtenir, contre 25 Farm Ville Cash (entre quatre et cinq dollars), le droit de planter de la patate douce pendant une semaine. 50 % de l’argent récolté fut reversé à deux organismes haïtiens, une association chargée d’améliorer la qualité des repas et l’accès aux nouvelles technologies dans les écoles, et une banque de micro-crédit. Résultat : 1,2 millions de dollars récoltés via la patate douce virtuelle.

 

zynga farmville haiti earthquake fund 01Zynga pouvait difficilement rester insensible au séisme qui a dévasté Port-au-Prince et au malheur de ses habitants ; elle connaît à présent la recette, et s’est associée avec le Programme Alimentaire Mondial, auquel elle reverse 100 % de l’argent récolté sur des produits créés pour l’occasion. C’est ici du maïs blanc que l’on peut semer pendant une semaine. Ce maïs se récolte en six heures, ne pourrit pas au contraire des autres denrées et surtout offre 3 XP par parcelle, soit le rendement de l’artichaut par exemple, qui, lui, met quatre jours à pousser. Zynga a étendu le principe à deux autres jeux : Mafia Wars avec un tambour haïtien en édition limitée, et Zynga Poker où les achats de packs de jetons à 2 dollars sont concernés. Si l’on considère l’augmentation considérable du nombre de joueurs de Farmville depuis octobre, et le Crunchie Award de la meilleure application sociale qu'il a reçu tout récemment, ce sont plusieurs millions de dollars qui pourraient être amassés pour la cause haïtienne, ce qui en ferait une opération humanitaire de premier plan.

 

Je me suis également mis à Treasure Madness récemment ; un jeu où l’on fouille des îlots à la recherche de vestiges archéologiques. Or, la contrée que l’on explore n’est autre que l’île d’Haïti elle-même ! Cependant, à ce jour, rien n’a été fait par zSlide, l'éditeur français du jeu, en faveur des victimes du séisme. Affaire à suivre.

Treasure Madness

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Publié dans Jeux vidéo

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